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Le choix musical de RFI

Boogie Balagan: un rock-blues world qui chante le chaos et l’espoir

7 min1 juni 2026

Deux guitares, deux voix et une mosaïque de langues : dans son troisième album Gözlerim Yahalom, le duo Boogie Balagan transforme la différence en énergie, entre Tel Aviv, Istanbul et Paris. Un univers humaniste où les mots s’entrechoquent comme une tour de Babel – pour mieux se rassembler.

Difficile de mettre une étiquette sur leur musique. Rock ? Blues ? World ? Le duo préfère parler de « world rock identitaires », au pluriel. 

Et pour cause : sur ce nouvel album, ils chantent en anglais, français, arabe, turc et hébreu, et peuvent aussi naviguer vers le grec, l’espagnol, voire le maldivien – une langue parlée par seulement quelques centaines de milliers de personnes dans le monde.

Chez Boogie Balagan, les langues ne sont pas seulement juxtaposées : elles s’entrelacent, se superposent, se transforment. Le résultat ? Une musique universelle, inventive, souvent traversée d’un humour jubilatoire.

Une joyeuse tour de Babel

Avec Falafhell Power, Boogie Balagan pousse encore plus loin cette idée de mélange. Le morceau, aux accents volontairement rétro, évoque un univers presque seventies où les langues se télescopent dans un joyeux désordre.

Ce chaos apparent est en réalité maîtrisé et revendiqué. Il reflète une vision du monde où les différences ne sont pas des obstacles, mais des points de rencontre.

Un duo entre Israël et la France

Derrière Boogie Balagan, il y a Azri et Gabri, deux artistes nés en Israël et aujourd’hui installés en France. Leur nom est inspiré d’une comédie israélienne culte des années 1970, et le mot « balagan » désigne un désordre joyeux.

Cette idée résume leur démarche artistique. Depuis leurs débuts en 2004, ils défendent une musique vivante, libre et profondément humaine, capable de transformer le chaos en énergie positive.

Voyage, blues et utopies

Dans Lonely Donkey H’mar, Boogie Balagan embarque l’auditeur vers la Louisiane, dans une ambiance plus bluesy. Cette dimension du voyage est essentielle chez eux. Elle s’accompagne d’un imaginaire fort, nourri d’utopies et d’idéalisme.

Ils ont ainsi inventé une ville fictive, « Palestisraël City », où la paix et l’humanisme seraient les seuls principes fondateurs. Leur univers artistique se prolonge également au cinéma, notamment avec la bande originale du film Le Cochon de Gaza, récompensé par le César du meilleur premier film, qui aborde le conflit israélo-palestinien avec humour et distance.

Le jeu des mots comme signature

Le travail sur les mots est au cœur de leur identité. Dans Purple Fez, Boogie Balagan mêle références musicales et culturelles en jouant sur les sonorités et les images. Le titre fait à la fois écho à « Purple Haze » de Jimi Hendrix et au fez, ce chapeau traditionnel associé à la ville de Fès.

Une musique pour rassembler

Au final, Boogie Balagan propose bien plus qu’un simple projet musical : une expérience, un espace de rencontre, une célébration de la diversité.

Un univers vibrant à la fois joyeux, engagé et profondément rassembleur, où le chaos du monde se transforme en énergie créative.

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