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Le choix musical de RFI

«Sala Sala» de Fabe Beaurel Bambi: de Pointe-Noire à la scène jazz actuelle

6 min8 juni 2026

Il est chanteur, percussionniste, batteur, compositeur et producteur : le Congolais Fabe Beaurel Bambi est notre Choix Musical du jour, avec son tout premier album intitulé Sala Sala. Une belle fusion de musiques ancestrales congolaises et de sonorités jazz européennes actuelles.

Fabe Beaurel Bambi a tout appris en autodidacte. Il a commencé la musique dans des chorales et petit à petit, il est passé du chant aux percussions, des harmonies vocales aux rythmes traditionnels congolais. Le petit garçon qu'il était à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville, n'a pas grandi entouré d'artistes... mais son grand-père, qu'il n'a pas connu, lui a pourtant sûrement fait passer le gène de la musique.

« Mon grand-père était batteur au village, mon père i’est même pas musicien. Mon grand-père disait toujours à mon père "lorsque je vais mourir, c'est toi qui va reprendre le flambeau", parce que mon grand-père était un peu une star. On venait,  on lui offrait du vin de palme. C'est lui qui allait accueillir le président, jouer pour des grosses manifestations, et mon père était juste derrière pour tenir le tambour et il disait toujours à mon père "c'est toi qui va prendre le relais". Et mon père disait "non moi je vais faire des études, aller à l'université, moi je ne vais pas faire ça". Il a dit "si ce n'est pas toi, ce sera ton fils. » sourit-il.

Fabe Beaurel Bambi s'est installé en France il y a quelques années, à l'origine pour y faire seulement des percussions, mais ses rencontres l'ont mené ailleurs. Lui qui n'avait jamais joué avec un orchestre de cuivres et de cordes découvre le côté collectif et joyeux d'un groupe avec trompettes et saxophones.

Il collabore avec des artistes comme le saxophoniste Thomas de Pourquery, le percussionniste Sonny Troupé, le violoniste Théo Ceccaldi, de plus en plus attiré par l'envie de fusionner les musiques ancestrales congolaises à la scène jazz européenne actuelle. Aujourd'hui, le voici donc leader du quintet d'afro-jazz Elikia, « espoir » en lingala, avec saxophone, guitare électrique, basse, batterie et kalimba.

L'amour du tambour et du travail comme mantra

Sur cet album, Fabe Beaurel Bambi chante en lingala, en lari et en kikongo. Ses textes appellent la jeunesse africaine à se lever et à travailler dur pour construire un futur meilleur, sans céder ni baisser les bras face à la violence du monde. Le titre du disque, Sala Sala veut dire « travail, travail » en lingala, un mantra que Fabe Beaurel Bambi a appliqué au quotidien pour tirer un album de sa fusion d'afro-jazz, funk, soul, rumba et musiques électroniques. Un mélange subtil de traditions musicales congolaises et d'arrangements de jazz contemporain à la Kokoroko ou Ezra Collective, porté par la puissance du chant, de belles grilles d'improvisation et la vibration des percussions.

« Les percussions, traditionnellement, c'était un téléphone. A l'époque où il n'y avait pas les réseaux sociaux. Et le tambour était le centre d'une société. En tout cas chez nous, au Congo, ça reste encore. Il y a plein de tambours traditionnels. Nous au Congo, notre tambour traditionnel, c'est le ngoma, beaucoup utilisé avec aussi un grand groupe de musique qui m'a inspiré depuis mon enfance, Les Tambours de Brazza de maître Emile Biayenda. Voilà le tambour pour moi, ça reste le centre de tout. » 

Fabe Beaurel Bambi et son collectif Elikia seront à retrouver sur scène les 19 et 20 juin à La Gare Le Gore à Paris, et le 4 septembre au festival Jazz à la Villette. 

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